Alors qu’une mobilisation est prévue le 2 octobre dans toute la France, plusieurs organisations syndicales de l’Éducation nationale appellent à reconduire le mouvement le vendredi 3 octobre.
Contrairement aux autres secteurs (transports, fonction publique, santé) où aucun appel national ou local à reconduction n’a été identifié, l’Éducation se démarque par des consignes claires de plusieurs fédérations et intersyndicales départementales.
🔎 Sommaire :
- Quelles organisations et départements appellent à reconduire le 3 octobre ?
- Les revendications portées
- Comment se décide la reconduction ?
- Taux de grévistes attendus
- À quoi s’attendre le 3 octobre dans les écoles ?
- Conseils pratiques pour les parents
- Pourquoi l’Éducation nationale se démarque ?
Quelles organisations et départements appellent à reconduire le 3 octobre ?
SUD Éducation
SUD Éducation mène la charge avec des appels clairs dans plusieurs départements.
SUD Éducation Isère lance un appel sans équivoque : « En grève le 2 octobre ! Et le 3 on continue ». La section départementale s’appuie sur un préavis de grève couvrant la période jusqu’au 31 octobre 2025 et appelle les personnels à « se réunir en Assemblées Générales le 2 octobre au soir pour décider collectivement de la reconduction de la grève ».
SUD Éducation Val-de-Marne (94) publie un communiqué intitulé « Amplifions le rapport de force et généralisons la mobilisation : en grève le 2 et 3 octobre ! » en partenariat avec d’autres organisations locales, pour faire plier le gouvernement sur les questions budgétaires et salariales.
SUD Éducation Paris s’inscrit également dans cette dynamique de reconduction avec l’intersyndicale parisienne, appelant à des AG dans les établissements.
FNEC FP-FO (Force Ouvrière Éducation)
La Fédération des personnels de l’Éducation nationale FO lance un appel national à la grève reconductible « à partir du 2 octobre ».
Le Conseil confédéral national (CCN) de la FNEC FP-FO « appelle toutes les structures à réunir les salariés pour discuter et décider la grève et sa reconduction, à partir du 2 octobre ». Cette formulation explicite marque une volonté de généraliser le mouvement au-delà de la seule journée du 2 octobre.
CGT Éduc’action
Dans un communiqué, CGT Éduc’action Aix-Marseille la fédération encourage à « préparer la grève du 2 octobre dès maintenant et à construire sa reconduction (tournées d’établissements, HIS, AG, etc.) ».
Intersyndicales locales
Plusieurs intersyndicales départementales se coordonnent pour appeler à la reconduction.
L’intersyndicale Éducation de l’Isère (SUD éducation 38, SNES-FSU 38, SNUipp-FSU 38, FSU 38, CNT-SO 38, CGT Educ’action 38) « appelle les personnels à construire la grève reconductible dès le 3 octobre pour obtenir satisfaction sur l’ensemble de [leurs] revendications ».
Cette coordination locale illustre la volonté de plusieurs organisations, y compris la FSU, de s’engager dans une dynamique de reconduction au niveau territorial même si les appels nationaux restent prudents.
Les revendications portées
Les organisations syndicales qui appellent à la reconduction portent des revendications communes :
- Retrait total du budget d’austérité présenté par le gouvernement Lecornu
- Abrogation de la réforme des retraites
- Augmentation des salaires (FO demande au moins 10% de hausse de la valeur du point d’indice)
- Arrêt des suppressions de postes et créations de postes à hauteur des besoins
- Un statut et un vrai salaire pour les AESH et les AED
- Baisse du nombre d’élèves par classe
- Budget pour la rénovation du bâti scolaire
- Arrêt du financement de l’enseignement privé par l’argent public (SUD Éducation)
Ces revendications s’inscrivent dans un contexte où le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a apporté « aucune réponse concrète » lors de sa rencontre avec l’intersyndicale, se contentant de renoncer à la suppression de deux jours fériés tout en maintenant les autres mesures d’austérité.
Comment se décide la reconduction ?
La reconduction du mouvement le 3 octobre se décide localement en Assemblées Générales organisées dans les écoles, collèges, lycées et services administratifs le 2 octobre au soir ou le 3 au matin.
Les syndicats appellent les personnels à :
- Organiser des AG dans les établissements le 2 au soir pour voter collectivement la reconduction
- Faire des tournées d’établissements pour mobiliser les collègues
- Créer des caisses de grève pour soutenir financièrement les grévistes
- Coordonner les actions localement via des comités d’action
SUD Éducation 38 insiste : « La grève générale ne se décrète pas d’en haut, il faut oser la construire ! » et appelle à « discuter de nos revendications et de comment les arracher ! Regroupons-nous en comité d’actions et de communication pour élargir la grève ! ».
Taux de grévistes attendus
Pour le 2 octobre, les prévisions nationales annonçaient environ 10% de grévistes dans le primaire selon la FSU-SNUipp, soit un niveau inférieur au 18 septembre où un enseignant sur trois était en grève à l’école primaire.
Les syndicats appelant à la reconduction espèrent inverser cette tendance par la mobilisation en AG le 2 au soir et construire un mouvement ascendant le 3 octobre, avec l’objectif de « rendre la grève majoritaire dans nos écoles, nos établissements et nos services ».
Le contexte politique – avec un gouvernement « le plus faible de l’histoire de la Ve République » selon FO – est présenté par les syndicats comme une opportunité de « faire plier » l’exécutif sur les questions budgétaires et salariales.
À quoi s’attendre le 3 octobre dans les écoles ?
Les perturbations le 3 octobre dépendront des décisions prises en AG dans chaque établissement le 2 au soir.
Maternelle et primaire
- Le service minimum d’accueil doit théoriquement être assuré par les mairies lorsque plus de 25% des enseignants sont en grève
- Dans les faits, toutes les communes n’ont pas les moyens de mettre en place ce dispositif le lendemain d’une première journée de mobilisation
- Certaines mairies pourraient accueillir seulement une partie des élèves, d’autres fermer les cantines et activités périscolaires
- Des fermetures de classes voire d’écoles entières sont possibles dans les zones où les AG auront voté la reconduction
Collèges et lycées
- Aucun service minimum n’est prévu dans le secondaire
- Si un nombre important de professeurs reconduit la grève, l’établissement peut être totalement fermé le 3 octobre
- Les cours annulés dépendront des décisions individuelles et collectives prises dans chaque établissement
Conseils pratiques pour les parents
- Contactez directement l’établissement de votre enfant dans la soirée du 2 octobre ou le matin du 3 pour connaître les modalités d’accueil
- Anticipez des solutions de garde alternatives si nécessaire (télétravail, garde entre voisins, assistantes maternelles)
- Vérifiez également le fonctionnement de la cantine et des activités périscolaires auprès de votre mairie
Pourquoi l’Éducation nationale se démarque ?
L’Éducation nationale est le seul secteur où des appels concrets à reconduction ont été identifiés pour le 3 octobre, contrairement aux transports (SNCF, RATP), à la fonction publique hospitalière ou territoriale, et aux autres services publics.
Cette spécificité s’explique par plusieurs facteurs :
- Une mobilisation jugée forte le 18 septembre (un enseignant sur trois en grève dans le primaire, un sur deux dans le secondaire) que les syndicats veulent amplifier
- Un contexte budgétaire particulièrement tendu avec des suppressions de postes annoncées et l’absence de revalorisation salariale
- Une tradition syndicale de grèves reconductibles dans l’Éducation nationale, notamment portée par SUD et FO
- Des préavis syndicaux étendus (jusqu’au 31 octobre pour SUD Éducation) permettant juridiquement la reconduction sans nouveau dépôt de préavis