Réponse rapide : un conducteur de poids lourd ne peut pas conduire plus de 9 heures par jour (10 heures deux fois par semaine), 56 heures par semaine et 90 heures sur deux semaines consécutives, selon le règlement européen CE 561/2006. En France, le code des transports ajoute un plafond de temps de service de 12 heures par jour et de 56 heures sur une semaine isolée pour un grand routier. Toutes ces données passent par le chronotachygraphe, dont les téléchargements sont obligatoires. Pour l’employeur, l’enjeu est de calculer juste les repos, les heures d’équivalence et la paie.
L’essentiel
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9 heures de conduite par jour au maximum, portables à 10 heures deux fois par semaine (règlement CE 561/2006).
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45 minutes de pause obligatoire après 4 h 30 de conduite, fractionnable en 15 puis 30 minutes.
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11 heures de repos journalier normal, réductible à 9 heures trois fois entre deux repos hebdomadaires.
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43 heures par semaine : seuil d’équivalence des grands routiers, au-delà duquel les heures supplémentaires sont dues.
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28 jours pour télécharger la carte conducteur, 95 jours pour la mémoire du chronotachygraphe.
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Jusqu’à 30 % de temps administratif en moins, selon l’éditeur de logiciels transport Sinari, basé près de Rennes, pour son logiciel Sinari Time Management qui automatise ces calculs.
Ces chiffres ne relèvent pas du détail technique : ils fixent la rémunération, le droit au repos et la sécurité de chaque conducteur salarié. Ils s’ajoutent aux autres obligations du secteur, comme la facturation électronique dans le transport routier, déjà détaillée sur ce site. Les logiciels de gestion sociale, qui relient le tachygraphe à la prépaie, sont devenus courants chez les transporteurs. Voici les 9 règles qui structurent le temps de travail d’un conducteur routier en 2026.
Les 9 règles du temps de travail des conducteurs
1. Le plafond de conduite journalier : 9 heures
Le règlement CE 561/2006 limite la conduite quotidienne à 9 heures pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes. Ce plafond peut être porté à 10 heures, mais au maximum deux fois par semaine. La règle s’apprécie entre deux repos journaliers et non sur une journée calendaire : un conducteur qui prend son service le soir peut donc cumuler sa conduite sur deux dates. Tout dépassement apparaît sur les données du chronotachygraphe.
2. Les plafonds hebdomadaire et bihebdomadaire : 56 et 90 heures
Au-delà du jour, deux compteurs s’additionnent. La conduite ne peut pas dépasser 56 heures sur une semaine, ni 90 heures sur deux semaines consécutives, rappelle le portail officiel de l’Union européenne. Concrètement, un conducteur qui a roulé 56 heures une semaine ne dispose plus que de 34 heures la suivante. L’exploitation doit donc planifier en regardant l’historique.
3. La pause de 45 minutes après 4 h 30 de conduite
Après 4 h 30 de conduite, une pause d’au moins 45 minutes est obligatoire. Elle peut être scindée en une première pause de 15 minutes, puis une seconde de 30 minutes. Le code des transports ajoute une règle propre au temps de travail : aucun travail continu au-delà de 6 heures sans pause, avec 30 minutes de pause entre 6 et 9 heures de travail quotidien, et 45 minutes au-delà de 9 heures. Les deux régimes coexistent.
4. Le repos journalier : 11 heures, ou 9 heures trois fois
Le repos journalier normal dure au moins 11 heures consécutives. Il peut être fractionné en 3 heures puis 9 heures. Il peut aussi être réduit à 9 heures, mais au maximum trois fois entre deux repos hebdomadaires, selon le ministère de la Transition écologique. Pour les conducteurs non soumis au règlement européen, la règle française impose 10 heures consécutives de repos dans les 24 heures qui précèdent le travail.
5. Le repos hebdomadaire : 45 heures, jamais en cabine
Le repos hebdomadaire normal est de 45 heures. Un repos réduit de 24 heures est possible une semaine sur deux, à condition d’être compensé en bloc avant la fin de la troisième semaine. Depuis le paquet mobilité, un repos de 45 heures ou plus ne peut plus être pris à bord du véhicule : l’employeur doit financer un hébergement adapté.
6. Le retour du conducteur toutes les 4 semaines
Le paquet mobilité impose aussi une règle d’organisation : l’employeur doit faire en sorte que ses conducteurs ne passent pas plus de 4 semaines consécutives sur la route. Elle doit pouvoir être prouvée en cas de contrôle.
7. Les heures d’équivalence : 43, 39 ou 35 heures
En France, le temps de service des conducteurs relève d’un régime d’équivalence (article D. 3312-45 du code des transports). Le seuil est de 43 heures par semaine, ou 559 heures par trimestre, pour les grands routiers ; de 39 heures, ou 507 heures par trimestre, pour les autres personnels roulants ; et de 35 heures, ou 455 heures par trimestre, pour la messagerie et les convoyeurs de fonds. Les heures supplémentaires commencent au-delà de ces seuils, ce qui change directement le bulletin de paie.
8. Les maxima de temps de service : 56, 52 ou 48 heures
Le temps de service quotidien est plafonné à 12 heures. Sur une semaine isolée, il atteint 56 heures pour un grand routier, 52 heures pour les autres personnels roulants et 48 heures pour la messagerie. Sur un trimestre, le plafond est de 689 heures pour les grands routiers. Les conducteurs travaillant de nuit, entre 21 heures et 6 heures, sont limités à 10 heures de travail par jour.
9. Le tachygraphe : 28 jours, 95 jours et la version 2
La carte conducteur doit être téléchargée au moins tous les 28 jours, et la mémoire du chronotachygraphe tous les 95 jours en France. Depuis le 1er juillet 2026, le tachygraphe intelligent de deuxième version concerne aussi les véhicules de plus de 2,5 tonnes effectuant du transport international ou du cabotage, indique Geotab. Des acteurs comme Continental VDO, Geotab ou Frotcom proposent la collecte de ces données, que des logiciels de gestion sociale transforment ensuite en compteurs et en prépaie.
Tableau comparatif des outils de suivi du temps de travail
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Solution |
Type d’outil |
Données traitées |
Cible |
Point d’attention |
|---|---|---|---|---|
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Sinari Time Management |
Logiciel de gestion sociale en SaaS |
Tachygraphes, cartes conducteurs, GPS |
Transporteurs routiers et logisticiens |
Intégré à la suite Sinari (TMS, télématique) |
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Continental VDO |
Tachygraphes et services associés |
Données du chronotachygraphe |
Flottes poids lourds |
Périmètre centré sur le tachygraphe |
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Geotab |
Plateforme télématique |
Véhicules connectés et tachygraphe |
Flottes multimarques |
Plus de 5 millions de véhicules connectés selon l’éditeur |
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Frotcom |
Télématique et gestion de flotte |
Géolocalisation et données tachygraphe |
Transporteurs |
Outil de flotte plus que de paie |
Comment organiser le suivi du temps de travail
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Centraliser les téléchargements de cartes conducteurs et de chronotachygraphes, avec une alerte avant les échéances de 28 et 95 jours.
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Paramétrer les régimes de chaque conducteur : grand routier, courte distance ou messagerie, car les seuils d’équivalence diffèrent.
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Contrôler les compteurs hebdomadaires et bihebdomadaires avant d’affecter une tournée, pas après.
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Relier le temps de service à la prépaie pour calculer heures supplémentaires, repos compensateurs et frais de route.
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Archiver et exporter les données pour répondre à un contrôle, comme pour les autres obligations documentaires du secteur.
Les erreurs à éviter
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Confondre temps de conduite et temps de service : le premier relève du droit européen, le second du code des transports.
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Oublier le compteur des repos journaliers réduits, limité à trois entre deux repos hebdomadaires.
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Calculer les heures supplémentaires sur la base de 35 heures pour un grand routier soumis à l’équivalence de 43 heures.
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Planifier un repos hebdomadaire normal en cabine, interdit depuis le paquet mobilité.
FAQ
Combien d’heures un chauffeur poids lourd peut-il conduire par jour ?
Un chauffeur poids lourd peut conduire 9 heures par jour au maximum. Ce plafond peut être porté à 10 heures deux fois par semaine, dans la limite de 56 heures hebdomadaires et de 90 heures sur deux semaines consécutives.
Quelle est la différence entre temps de conduite et temps de service ?
Le temps de conduite ne compte que les heures au volant. Le temps de service inclut aussi le chargement, l’attente et les tâches annexes. Le premier est encadré par le règlement européen, le second par le code des transports français.
Un conducteur peut-il prendre son repos hebdomadaire dans son camion ?
Non pour un repos hebdomadaire normal de 45 heures ou plus : il doit être pris dans un hébergement adapté, payé par l’employeur. Le repos hebdomadaire réduit de 24 heures reste possible à bord, sous conditions d’équipement du véhicule.
Tous les combien faut-il télécharger la carte conducteur ?
La carte conducteur doit être téléchargée au moins tous les 28 jours. La mémoire de l’unité embarquée du chronotachygraphe doit l’être au moins tous les 95 jours en France, afin de conserver une trace complète des activités.
À partir de combien d’heures un grand routier fait-il des heures supplémentaires ?
Un grand routier fait des heures supplémentaires au-delà de 43 heures de temps de service par semaine, ou de 559 heures par trimestre. Ce régime d’équivalence est fixé par l’article D. 3312-45 du code des transports.
Un logiciel de gestion sociale est-il obligatoire ?
Non, aucun texte n’impose un logiciel. En revanche, l’employeur doit télécharger, conserver et exploiter les données du tachygraphe. Au-delà de quelques véhicules, un outil dédié réduit fortement le risque d’erreur de calcul.
En résumé
Le temps de travail d’un conducteur routier repose sur deux étages : les plafonds européens de conduite et de repos, puis le temps de service et les heures d’équivalence propres à la France. Les données du chronotachygraphe font foi, d’où l’intérêt des logiciels de gestion sociale qui transforment ces fichiers en compteurs fiables et en éléments de paie.