⚠️ ANNULATION
Suite à un accord, le syndicat SNCTA a suspendu son préavis de grève pour les contrôleurs aériens.
Du 7 au 9 octobre 2025, les contrôleurs aériens français ont prévu trois jours de grève qui risquent de bouleverser le transport aérien en France et en Europe. Orchestrée par le SNCTA (Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien), qui représente 60% de la profession, cette mobilisation touchera tous les contrôleurs ICNA et TSEEAC, ainsi que les agents de la vigie trafic de l’aéroport Charles-de-Gaulle.
Au cœur du conflit : le rattrapage de l’inflation salariale de 2024, une refonte de la gouvernance à la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA), et l’amélioration des conditions de travail. Les contrôleurs dénoncent particulièrement les « pratiques punitives » et les « méthodes managériales dégradantes » qu’ils subissent au quotidien.
Côté perturbations, le scénario s’annonce compliqué. De nombreux vols risquent d’être annulés ou retardés, et pas seulement les liaisons au départ ou à l’arrivée de France. Tous les appareils qui traversent l’espace aérien français — soit environ un tiers du trafic européen quotidien — seront impactés.
🔗Communiqué de presse du syndicat
🔎 Sommaire :
- Pourquoi la grève a-t-elle été reportée ?
- Les revendications des contrôleurs
- Quelles perturbations prévoir ?
- Conseils pratiques pour les voyageurs
Pourquoi la grève a-t-elle été reportée ?
Cette grève devait initialement avoir lieu le 18 septembre 2025. Mais face à un contexte politique chaotique, le SNCTA a préféré décaler le mouvement.
La chute du gouvernement Bayrou a plongé le ministère des Transports dans une période de transition peu propice au dialogue. Sans interlocuteurs clairement identifiés, impossible pour le syndicat d’engager des négociations sérieuses. Comme l’explique le SNCTA : « la date du 18 septembre n’était plus compatible avec la possibilité de faire aboutir les revendications faute d’interlocuteurs et de temps nécessaire ».
Le syndicat a donc choisi d’attendre la nomination du nouveau directeur général de l’aviation civile (DGAC), Chems Chkioua, officiellement installé depuis le 1er octobre. Une stratégie qui a évité le chaos en septembre, mais qui ne change rien à la détermination des contrôleurs : leurs revendications restent « pleines et entières ».
Les revendications des contrôleurs
Un rattrapage salarial face à l’inflation
La principale demande concerne les salaires. Les contrôleurs réclament environ 100 euros mensuels supplémentaires pour compenser l’inflation de 2024, estimée à 2,3%. Leur argument ? Les redevances payées par les compagnies aériennes, qui financent l’aviation civile, sont déjà indexées sur l’inflation. Pourquoi pas les salaires des contrôleurs, « à l’instar de tout le contrôle aérien européen » ?
Un management à revoir d’urgence
Au-delà de l’argent, c’est tout le climat de travail qui pose problème. Les syndicats dénoncent une ambiance de défiance généralisée au sein de la DSNA et réclament « un changement profond du management de la direction des opérations ». Les contrôleurs accusent leur hiérarchie de favoriser des pratiques punitives au détriment d’un dialogue social constructif.
Des points de crispation concrets
Plusieurs dossiers irritent particulièrement les contrôleurs. D’abord, l’installation de badgeuses biométriques dans les centres de contrôle, perçue comme « une atteinte à leur professionnalisme ». Ensuite, la remise en cause d’accords signés en avril dernier, notamment sur la liste des aérodromes menacés de perdre leurs contrôleurs. Enfin, pour les contrôleurs TSEEAC, des questions spécifiques sur le maillage territorial et leur requalification dans le corps unique.
Quelles perturbations prévoir ?
Les aéroports français en première ligne
Les aéroports français vont vivre trois jours difficiles. Si l’on se base sur la grève de juillet 2025, les taux d’annulation pourraient grimper jusqu’à 50% à Nice (le troisième aéroport français), 25% à Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, et toucher 10% du trafic national en moyenne.
L’Europe entière concernée
Mais l’impact ne s’arrête pas à nos frontières. Six vols perturbés sur dix ne feront même pas escale en France — ils ne font que traverser notre espace aérien. Les liaisons entre le Royaume-Uni et les destinations méditerranéennes seront particulièrement affectées.
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, rappelons qu’en juillet dernier, plus d’un million de passagers européens avaient subi les conséquences de la grève, dont 200 000 avec un vol purement et simplement annulé. L’Espagne avait même enregistré plus de retards que la France !
Conseils pratiques pour les voyageurs
Anticipez un maximum
Consultez régulièrement l’application ou le site de votre compagnie aérienne. En cas de problème, vous serez normalement prévenu par SMS ou email. Pensez aussi à vérifier les sites officiels des aéroports, notamment celui d’Aéroports de Paris.
Si votre voyage n’est pas impératif, le plus simple reste encore de le décaler. Beaucoup de compagnies proposent des billets échangeables gratuitement en cas de grève — renseignez-vous !
Le jour J : restez zen et organisé
Prévoyez d’arriver plus tôt à l’aéroport. Avec l’affluence et les retards dans les procédures, mieux vaut avoir de la marge. Et surtout, gardez précieusement tous vos documents : cartes d’embarquement, billets électroniques, tickets de repas, factures d’hôtel… Ils seront indispensables pour toute réclamation.
Vos droits garantis en toutes circonstances
Si votre vol est annulé, la compagnie doit obligatoirement vous offrir le choix entre le remboursement intégral de votre billet (sous 7 jours ouvrés) ou un réacheminement gratuit vers votre destination. Elle doit aussi vous prendre en charge immédiatement : repas, boissons, communications gratuites, et hébergement si besoin.
En cas de retard, vous avez droit à une assistance adaptée à la durée d’attente : dès 2 heures pour les vols de moins de 1 500 km, 3 heures pour les vols moyens courriers (1 500 à 3 500 km), et 4 heures pour les longs courriers.
Mais pas d’indemnisation forfaitaire
Attention à ne pas confondre : ces droits à l’assistance et au remboursement s’appliquent dans tous les cas. En revanche, l’indemnisation forfaitaire de 250 à 600 euros (selon la distance du vol) prévue par le règlement européen CE 261/2004 ne s’applique pas ici.
Pourquoi ? Les grèves des contrôleurs aériens constituent des « circonstances extraordinaires » indépendantes de la volonté des compagnies. Cette règle ne vaut que pour les grèves externes — si votre vol est annulé à cause d’une grève du personnel de la compagnie elle-même (pilotes, personnel de cabine), l’indemnisation forfaitaire reste due.
Cela dit, jetez un œil à votre assurance voyage. Certains contrats couvrent les grèves des services publics et pourraient vous dédommager.
Plan B : les alternatives
Vol annulé ? Explorez d’autres options : le train (TGV, Eurostar pour l’international), les bus longue distance, ou même la location de voiture selon votre destination. Conservez tous les justificatifs de ces frais supplémentaires — votre assurance pourrait les rembourser.
Cette grève s’inscrit dans un climat social tendu qui pourrait durablement marquer le secteur aérien français. Pour les voyageurs, le maître-mot reste l’anticipation. Plus vous vous y prendrez tôt, mieux vous limiterez les désagréments.