Code du travail jour férié illustré par un calendrier et un bureau

Code du travail et jours fériés : règles essentielles et ponts

3 décembre 2025

📌 En résumé

  • Le code du travail distingue un jour férié à part : le 1er mai, obligatoirement chômé et payé (double payé s’il est travaillé).
  • Hors 1er mai, un jour férié n’est pas automatiquement chômé : tout dépend de l’accord ou de l’usage dans l’entreprise.
  • La rémunération varie : maintien de salaire si le jour est chômé et majorations si travaillé selon la convention collective.
  • Un pont peut être décidé et ses heures récupérées dans un cadre précis, sans devenir automatiquement des heures supplémentaires.

Vous vous êtes déjà demandé si votre entreprise devait forcément fermer un jour férié ? C’est l’une des confusions les plus fréquentes. Le Code du travail pose un cadre, mais laisse une vraie marge d’organisation à l’accord collectif, à l’usage et parfois aux contraintes d’activité. D’où les écarts d’une entreprise à l’autre, en toute légalité.

Dans cet article, je vous propose un tour d’horizon concret et rassurant : quels sont les jours concernés, quand sont-ils chômés, comment sont-ils payés, que faire avec les ponts et comment gérer les cas particuliers. L’objectif est simple : vous donner les bons réflexes pour décider sereinement côté employeur, ou vérifier vos droits côté salarié. Nous allons garder le cap sur l’essentiel, avec des exemples clairs et les règles sûres du code du travail jour férié.

Disclaimer : cet article présente les règles générales du Code du travail à titre informatif uniquement. Les dispositions légales peuvent évoluer et les situations individuelles peuvent varier. En cas de doute, consultez un représentant syndical, un avocat, l’inspection du travail ou les services officiels compétents.

Quels sont les jours fériés légaux et leur portée juridique ?

Liste des jours fériés du Code du travail sur un calendrier

La liste des fêtes légales (article L3133-1)

L’article L3133-1 dresse la liste officielle des jours fériés en France : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, Assomption, Toussaint, 11 novembre et Noël. Cette « liste jours fériés code du travail » sert de référence pour tous les employeurs et salariés du secteur privé.

Important : le fait qu’un jour soit férié ne signifie pas automatiquement qu’il est chômé. La fermeture de l’entreprise, l’arrêt d’activité ou au contraire la poursuite du travail dépendront d’un accord collectif, d’un usage ou des nécessités de service.

Le 1er mai : jour férié à part (chômé et payé)

Le 1er mai a un statut spécifique. Sauf activités ne pouvant être interrompues, il est obligatoirement chômé et payé. S’il est travaillé malgré tout (cas limités et encadrés), il donne lieu à une rémunération doublée. Cette règle s’applique indépendamment d’une ancienneté ou de conditions de présence particulières.

Pour les autres jours fériés, les conditions de chômage et de rémunération sont fixées par les conventions collectives ou accords d’entreprise. On en reparle dans la partie dédiée à la rémunération.

Spécificités territoriales (Alsace-Moselle, Outre-mer)

En Alsace-Moselle, deux jours s’ajoutent : le Vendredi saint (dans certaines communes) et le 26 décembre. Si vous y travaillez, vérifiez votre convention et l’usage local pour éviter toute erreur de planning et de paie. Côté Outre-mer, certains territoires connaissent des fêtes chômées spécifiques ; là aussi, référez-vous aux textes locaux et à votre accord.

Retenez une idée simple : hors 1er mai, le chômage d’un jour férié n’est jamais « automatique ». Il se décide dans le cadre des règles de l’entreprise et de son environnement (convention, usage, secteur).

Jours fériés chômés ou travaillés : ce que prévoit le Code du travail

Organisation des jours fériés chômés ou travaillés en entreprise

Qui décide ? Loi, convention collective et accord d’entreprise

La loi fixe la liste des jours fériés et le régime spécial du 1er mai. Pour le reste, ce sont surtout les conventions collectives et accords d’entreprise qui tranchent : chômage total ou partiel, ouverture de certains services, ou rotation minimale. À défaut, l’usage peut jouer, notamment si l’entreprise ferme traditionnellement ces jours-là.

Dans les activités à forte contrainte (santé, transport, hôtellerie-restauration), travailler un jour férié est souvent prévu. L’enjeu est alors d’organiser les compensations et la paie conformément aux textes applicables.

Interdictions et limites : mineurs, secteurs spécifiques, contraintes d’activité

Les salariés de moins de 18 ans ne peuvent pas travailler certains jours fériés, avec des exceptions par secteur. Les commerces de détail, la restauration ou la santé connaissent des dérogations liées au service rendu au public. Dans tous les cas, l’employeur doit arbitrer entre besoin opérationnel et respect des protections légales.

Pour les entreprises « continues » (production ininterrompue, astreintes), l’accord collectif précise souvent qui travaille, comment on planifie, et les contreparties. Cela évite les improvisations de dernière minute.

Journée de solidarité : peut-elle coïncider avec un jour férié ?

Oui, la journée de solidarité peut être fixée un jour férié chômé… mais jamais le 1er mai. Elle correspond à une journée de travail supplémentaire non rémunérée dans la limite de 7 heures (ou équivalent pour les forfaits). Son positionnement résulte d’un accord ou, à défaut, d’une décision de l’employeur après consultation.

Télétravail et forfait-jours : ce qui s’applique

En télétravail, un jour férié chômé reste chômé : aucune obligation de se connecter. Pour les salariés au forfait-jours, les jours fériés chômés n’entrent pas dans le décompte des jours travaillés. Le droit au repos et la déconnexion restent de mise, même si l’activité pourrait se faire à distance.

Mon conseil – Anticipez chaque trimestre un mini-calendrier interne des jours fériés chômés/travaillés avec les règles de paie associées : vous éviterez 90 % des questions de dernière minute.

Rémunération un jour férié : règles du Code du travail

Maintien de salaire pour un jour férié chômé

Quand le jour férié est chômé dans l’entreprise, la rémunération est en principe maintenue, sous les conditions prévues par la convention collective (présence la veille et/ou le lendemain, ancienneté, etc.). Le 1er mai chômé est payé sans condition d’ancienneté ou de présence particulière.

Si le salarié est à temps partiel et que le jour férié tombe un jour non travaillé habituellement, il n’y a pas de perte de salaire ni de « décompte » à compenser, sauf dispositions plus favorables.

Majoration si le jour férié est travaillé (1er mai vs autres jours)

Le 1er mai travaillé est payé double (100 % de majoration). Pour les autres jours fériés travaillés, la majoration dépend de la convention collective ou d’un accord d’entreprise. À défaut, la loi n’impose pas une majoration chiffrée, mais de nombreux textes prévoient +10 % à +100 % selon les secteurs, ou des repos compensateurs.

La concomitance avec un dimanche ne crée pas automatiquement un « double droit » : c’est la convention qui décide si les avantages se cumulent.

Schéma des règles de rémunération d’un jour férié
Situation 1er mai Autres jours fériés
Jour chômé Chômé et payé sans condition Chômé et payé selon convention/usage
Jour travaillé Double rémunération Majoration/Repos selon convention
Temps partiel Maintien si jour habituel travaillé Au prorata et selon convention

Cas particuliers : temps partiel, CDD/intérim, dimanche ou jour de repos

Temps partiel : si le jour férié coïncide avec un jour habituellement travaillé, le salaire est maintenu comme pour un temps plein, au prorata du contrat. S’il tombe un jour non travaillé, il n’y a pas de « manque à gagner », sauf clause plus favorable.

CDD/intérim : les règles de maintien et de majoration s’appliquent au même titre, avec prise en compte des particularités de paie (indemnité de fin de mission, etc.). Dimanche ou jour de repos : l’absence d’activité n’ouvre pas en soi un droit supplémentaire, sauf disposition conventionnelle expresse.

Exemples rapides de calcul (illustratifs, non contractuels)

  • Jour férié chômé (autre que 1er mai) : salaire mensuel maintenu si les conditions de la convention sont remplies (ex. : présence la veille/lendemain).
  • 1er mai travaillé : 7 h à 15 € / h = 105 € payés en double : 210 € brut pour la journée.
  • Jour férié un dimanche avec majoration conventionnelle de +50 % uniquement le dimanche : si la convention ne cumule pas, seule la majoration du dimanche s’applique.

Pour éviter les litiges, documentez toujours la règle applicable dans la note de service qui annonce l’organisation des jours fériés.

Ponts : organisation, récupération et rémunération

Infographie sur l’organisation des ponts et la récupération

Instaurer un pont : décision unilatérale ou accord ?

Un pont, c’est le chômage d’un ou plusieurs jours ouvrables entre un jour férié et le week-end. Il peut résulter d’un accord collectif, d’un usage ou d’une décision de l’employeur (fermeture d’établissement), après information/consultation du CSE le cas échéant. Anticiper permet de caler les équipes et d’éviter les surprises côté clients.

Récupération des heures perdues : modalités et plafonds

Les heures non travaillées pendant un pont peuvent être récupérées ultérieurement. La récupération se fait dans un délai et avec des plafonds précis, pour rester dans le cadre du temps de travail légal ou conventionnel. Elle peut prendre la forme d’allongements raisonnables de journées, planifiés à l’avance.

  • Fixez un calendrier de rattrapage et communiquez-le clairement.
  • Suivez les compteurs individuels pour rester dans les plafonds.
  • Prévoyez des règles spécifiques pour les temps partiels.

Paie des heures de récupération et incidences temps de travail

Les heures de récupération ne sont pas des heures supplémentaires si elles restent dans le cadre autorisé. Elles sont payées au taux normal, sauf dispositions plus favorables. En revanche, au-delà des plafonds, elles peuvent basculer en heures supplémentaires avec repos compensateur ou majoration.

Traçabilité et transparence sont vos meilleurs alliés : un planning partagé et un point rapide en équipe évitent la plupart des incompréhensions.

Congés payés et jours fériés : comment s’articulent-ils ?

Un jour férié pendant les congés payés : perdu ou non ?

Si le jour férié est chômé dans l’entreprise et survient pendant vos congés, il n’est en général pas décompté d’un jour de congé. S’il est travaillé ou non chômé, il reste un jour de congé. Votre convention collective peut préciser la règle, notamment pour les jours fériés locaux.

Jour férié pendant congés payés illustré par un agenda CP/RTT

Jours fériés pendant un arrêt maladie, un RTT ou un repos

En arrêt maladie, le jour férié ne se transforme pas en jour de congé. Sur un RTT ou un repos hebdomadaire, il n’y a pas de « double avantage » sauf clause favorable : le repos reste un repos, le férié ne s’ajoute pas.

Impact sur les compteurs (CP, RTT, forfait-jours)

Un jour férié chômé n’entame pas vos compteurs de congés payés. Il n’est pas décompté des jours travaillés pour les salariés au forfait-jours. Côté RTT, la logique est la même : pas de décompte si l’entreprise est fermée. Pensez à aligner vos paramétrages de paie et de GTA pour éviter les erreurs.

Mon astuce – Faites un test en fin de mois avec 2 ou 3 dossiers pour vérifier que les compteurs CP/RTT réagissent bien aux fériés : vous repérez tout de suite un paramètre mal réglé.

Textes de référence et bases légales

Articles L3133-1 à L3133-12 (Légifrance)

Le socle juridique se trouve aux articles L3133-1 à L3133-12 : liste des fêtes légales, statut particulier du 1er mai, principes d’organisation. Ces textes encadrent les marges de manœuvre des accords collectifs et des usages.

Ressources officielles utiles (ministère du Travail, Service-Public)

Pour sécuriser une situation complexe, appuyez-vous sur les fiches pratiques du ministère du Travail et de Service-Public. Croisez toujours ces sources avec votre convention collective et vos accords internes avant de décider.

Vous l’avez compris : en matière de code du travail jour férié, la sécurité vient de la cohérence entre la loi, la convention et la pratique interne. Une note annuelle claire fait gagner du temps à tout le monde.

FAQ

Que dit le Code du travail sur les jours fériés ?

Le Code liste 11 jours fériés nationaux et prévoit un régime spécial pour le 1er mai, obligatoirement chômé et payé. Pour les autres jours, le chômage et les contreparties dépendent d’un accord collectif, d’un usage ou des nécessités du service. Des particularités existent en Alsace-Moselle et en Outre-mer.

Quelles sont les conditions pour qu’un jour férié soit payé ?

Si le jour est chômé dans l’entreprise, la rémunération est en principe maintenue selon la convention (parfois avec une condition de présence la veille/lendemain). Le 1er mai chômé est payé sans condition. Si le jour est travaillé, une majoration ou un repos compensateur peut être prévu par la convention.

Quelles sont les règles concernant le travail pendant les jours fériés ?

Hors 1er mai, il est possible de travailler un jour férié selon les besoins d’activité et les textes applicables. Les majorations ne sont pas automatiques en l’absence de convention, mais beaucoup de secteurs en prévoient. Le 1er mai travaillé est, lui, payé double.

Un employeur peut-il imposer de travailler un jour férié ?

Oui, si la convention ou l’accord le permet, ou si l’activité ne peut être interrompue. L’employeur doit respecter les limites légales (durées, repos, sécurité) et accorder les contreparties prévues. Les salariés mineurs bénéficient de protections spécifiques.

Un jour férié pendant les congés payés est-il perdu ?

Lorsqu’il est chômé dans l’entreprise, il n’est généralement pas décompté de vos congés. S’il n’est pas chômé, il reste décompté. Vérifiez votre convention collective, surtout en présence de jours fériés locaux.

Comment s’organisent les ponts et la récupération des heures ?

Un pont peut être décidé via un accord, un usage ou une décision d’entreprise. Les heures non travaillées peuvent être récupérées ultérieurement dans des limites précises, sans devenir automatiquement des heures supplémentaires. L’essentiel : un calendrier clair, une information en amont et un suivi des compteurs.