Une grève nationale de 24 heures est annoncée vendredi 30 octobre 2026 dans les ports français, de Dunkerque à Marseille-Fos, ainsi que dans plusieurs ports de Corse et d’outre-mer.
L’appel est lancé par la Fédération nationale des ports et docks CGT (FNPD-CGT), dans le cadre d’une mobilisation internationale de travailleurs portuaires. Le syndicat met notamment en avant son opposition à la militarisation des ports et aux conséquences qu’il attribue au projet de budget du gouvernement Lecornu sur les mécanismes de solidarité.
La CGT prévoit un arrêt d’environ 95 % de l’activité portuaire, avec des retards possibles pour les escales, les traversées maritimes, le fret et l’acheminement des marchandises.
🔎 Sommaire
Le contexte de la mobilisation des ports
La journée du 30 octobre s’inscrit dans un appel international relayé par la FNPD-CGT et associé à l’European Dockworkers Council. Des organisations de dockers de plusieurs pays, notamment de Turquie, d’Inde, de Grèce, du Maroc, d’Italie et du Pays basque, sont également citées dans le cadre de cette mobilisation.
En France, la FNPD-CGT, qui représente selon les déclarations rapportées près de 90 % des salariés du secteur et environ 95 % des dockers, dénonce une orientation vers la militarisation des infrastructures portuaires et stratégiques. Le syndicat relie aussi son appel à sa contestation du projet de budget du gouvernement Lecornu.
Cette grève portuaire est distincte de la mobilisation sociale plus large annoncée le 31 octobre et de l’appel interprofessionnel à la grève et aux manifestations prévu le 5 novembre sur les salaires, l’emploi et les services publics. Aucune reconduction de l’arrêt portuaire après le 30 octobre n’est confirmée à ce stade.
Les demandes portées par les dockers
- L’abandon des orientations conduisant, selon la CGT, à la militarisation des ports et des infrastructures stratégiques.
- L’opposition aux conséquences budgétaires jugées négatives pour les mécanismes de solidarité.
- La préservation d’emplois portuaires stables et protégés.
- Le refus de la déréglementation et de l’automatisation lorsqu’elles menacent les emplois de manutention.
- La défense de conventions collectives, d’augmentations salariales et d’emplois sécurisés dans le cadre de l’appel international.
- L’opposition à la guerre et à une utilisation accrue des infrastructures portuaires à des fins militaires.
Une activité portuaire très fortement perturbée le 30 octobre
L’appel couvre notamment les ports de Dunkerque, Calais, Boulogne, Le Havre, Rouen, Paris et les ports de l’axe Seine exploités par Haropa, Cherbourg, Saint-Malo, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux, Bayonne, Port-Vendres, Sète, Marseille-Fos, Toulon, Nice, Ajaccio, Bastia, Roscoff et La Réunion.
- La FNPD-CGT annonce un arrêt d’environ 95 % de l’activité portuaire à l’échelle nationale.
- Les opérations de chargement et de déchargement, la manutention, les terminaux de conteneurs, les escales et l’évacuation des marchandises pourraient être fortement affectés.
- Des navires peuvent être retardés, des opérations reportées et des marchandises immobilisées dans les terminaux.
- À Marseille-Fos, un responsable syndical local évoque une possible participation de 100 % à Fos, avec l’arrêt annoncé des conteneurs, des quais d’ArcelorMittal, du terminal minéralier et du terminal automobile.
- Les retards peuvent se poursuivre après les 24 heures de grève, le temps de résorber l’accumulation de navires, de camions, de trains et de conteneurs.
- Aucune liste fiable de lignes de bus urbains ou de transports terrestres directement touchés n’est annoncée. Les effets attendus concernent principalement les activités portuaires et la chaîne logistique.
Les modalités exactes, les éventuels services minimums et les horaires appliqués dans chaque port ne sont pas encore connus. Les informations opérationnelles sont susceptibles d’être précisées par les autorités portuaires, les terminaux et les compagnies maritimes à partir du jeudi 29 octobre au soir et le vendredi 30 octobre au matin.
Conseils pour les voyageurs et les professionnels
- Les passagers sont invités à vérifier directement auprès de leur compagnie maritime, du port et de leur transporteur le maintien de leur escale ou de leur traversée.
- Il est préférable de ne pas se rendre au terminal sans confirmation, en particulier à Marseille-Fos, Le Havre, Dunkerque, Calais, Toulon, Nice, Bastia et Ajaccio.
- Pour les liaisons entre la Corse et le continent, il convient de demander une modification ou un report dès que possible, sans attendre le jour du départ.
- Une marge d’au moins une journée supplémentaire est à prévoir pour les traversées, l’embarquement ou le débarquement des véhicules et la livraison des bagages. La reprise peut être progressive après la grève.
- Les transporteurs et chargeurs peuvent éviter de programmer un chargement, un déchargement ou une livraison urgente le 30 octobre, puis confirmer en amont les créneaux de dépôt et de retrait auprès des terminaux.
- Les entreprises concernées peuvent anticiper les files de poids lourds, la saturation des aires d’attente, les frais éventuels de stationnement ou de surestaries, ainsi que les retards liés au rattrapage des opérations.
- Le recours à un autre port ne doit être envisagé qu’après confirmation de sa capacité, l’appel couvrant une grande partie des ports français.
- Dans les zones portuaires, il est recommandé de suivre les consignes des autorités portuaires et de la préfecture, ainsi que les alertes de circulation locales. Des rassemblements ou blocages locaux peuvent être annoncés tardivement.
Sources : lefigaro.fr – france3-regions.franceinfo.fr – paris-normandie.fr – mediapart.fr – forwardernews.com – lemondemoderne.media